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Retour sur les 24 heures de l'agriculture urbaine châlonnaise

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Emeline Tessari, étudiante en deuxième année de Carrières Sociales option Gestion Urbaine à l'IUT de Châlons-en-Champagne (51) revient sur les 24 heures de l'agriculture urbaine, organisées dans la ville le 11 mars 2021 et à travers un projet réalisé dans le cadre de ses études et porté par son association étudiante.

"Dans le cadre du projet "Territoire d’Expérimentation et de Recherche sur la Résilience des Ecosystèmes Alimentaires Urbains" (TERREAU) et en partenariat avec l'association étudiante l'Union des Jeunes Rurbanistes Châlonnais (UJRC), nous travaillons sur la construction et la pérennisation d’une filière alimentaire en agriculture urbaine comme opportunité de redynamiser une ville moyenne. Nous avons choisi le cas du quartier Schmit de Châlons-en-Champagne, créé en 1953. Ce quartier populaire, placé en situation de veille sociale, abritait en 2015, 2 048 habitants d'un âge moyen de 33 ans et constitué pour moitié de familles. Il mériterait d’être à nouveau un quartier prioritaire du fait de la précarité de ses habitants, de la vétusté des bâtiments, avec de grands ensembles, et de la faible cohésion sociale. Cependant, la rénovation des logements ne suffira pas pour unifier le quartier. C'est pour cette raison que nous proposons de prendre en compte l’aspect social et de mener des actions autour de l’agriculture urbaine pour dynamiser le quartier et recréer du lien social.

Rencontre avec les acteurs

La première étape a été de reprendre la monographie réalisée l’année précédente. La deuxième étape, celle de transposer notre savoir théorique en savoir pratique, ce qui nous a conduits à travailler sur l'organisation d'une journée sur le terrain. Pour cela, nous nous sommes basés sur différentes visions d’acteurs que nous avons rencontrés comme Thomas Barbèy du 111, Kamel Zidour, directeur du Centre Social et Culturel du quartier Schmit (CSC), Hélène Brethes, coordinatrice au sein de l’association Les Cols Verts de Rennes, Sandrine Glatron, directrice de recherche au CNRS en Géographie et Aménagement de l’espace, Augustin Delavenne premier adjoint au maire, Joris Lefèvre directeur du service de la Cohésion sociale, Valérie Lemoine, directrice du Cadre de vie, Chrystel Henri, cheffe de projet pour la rénovation du quartier Schmit et l’association Le Vert Solidaire. Ils ont pu nous raconter leurs expériences et nous détailller ce qui fonctionnait ou non. La troisième étape a été l'organisation d'une journée afin de sensibiliser à l’agriculture urbaine par la pratique. A la suite de cet événement, nous allons poursuivre notre projet et essayer d’obtenir une friche. Il nous a été proposé par le Centre social et culturel du quartier Schmit de réaliser des animations pour reprendre les potagers urbains. 

La journée du 11 mars

Cette journée a été réalisée à titre expérimental, dans le but de placer les habitants au cœur du processus et faire en sorte qu’ils s’emparent du projet pour pouvoir mettre en place des actions plus durables.
Le matin, nous sommes allés dans le quartier Schmit pour installer des bacs de plantation au pied d’immeubles. Nous avons planté des radis, des plants de salades et de fraisiers, en laissant des fiches explicatives afin que les habitants puissent entretenir ces plantations. Des discussions se sont ainsi créées avec les habitants du quartier. Ensuite, nous avons distribué des pots avec des graines de menthe devant l'école. Le but de cette matinée était de faire découvrir aux habitants l’agriculture urbaine et d'évaluer si ils y étaient réceptifs. Le premier adjoint au maire de Châlons, Augustin Delavenne, était présent en fin de mâtinée.
L’après-midi, nous sommes allés place Foch, dans le centre-ville de Châlons-en-Champagne, pour sensibiliser les passants à l’agriculture urbaine. En illustrant nos propos avec des affiches prêtées pour l’occasion par l’Agence d’Urbanisme et de Développement de l’agglomération et du pays de Châlons-en-Champagne (AUDC), nous avons distribué des pots avec des graines de persils plats puisque nous avions constaté que la distribution de pots avait été un succès le matin. Nous avons pu discuter avec quelques passants et avons eu la visite de Rudy Namur, conseiller départemental, Caroline Defaut, directrice générale de Planète A et de la députée, Lise Magnier.

Les échanges avec les élus

Augustin Delavenne, premier adjoint au maire de Châlons-en-Champagne a évoqué le fait que cela était compliqué de trouver des financements pour porter une rénovation de grande ampleur. Le quartier ne rentre pas dans les critères des QPV, il est en veille active, et ne peut donc pas bénéficier des financements ANRU. Augustin Delavenne est favorable à notre projet, la municipalité nous soutient et veut mettre en place une convention de partenariat de 3 ans.
L’objectif est d’arriver à développer des projets d’agriculture urbaine sur Châlons. Le premier adjoint a reconnu que sur certains projets, ils avaient d’abord mis en place les actions puis ensuite demandé aux habitants d’adhérer, ce qui ne fonctionne quasiment jamais. Notre démarche est inverse : elle s’attache d’abord aux demandes de l’habitant. Augustin Delavenne pense qu’il faut trouver un équilibre entre les deux car l’habitant n’a pas forcément la notion d’intérêt général en tête. Celui-ci a également indiqué qu’un grand projet de consultation sur le quartier avait été lancé afin d’avoir l’avis des habitants sur l’état des lieux et les éléments à améliorer.
Lise Magnier, députée, considère que l’agriculture urbaine permet une reconnexion entre alimentation et production en sensibilisant les citadins au cycle d’une plante et au travail que cela génère. L'élue a suggéré un travail en relation avec le lycée agricole de Somme Vesle, concernant le projet de reprise d'une friche sur le quartier, afin de leur déléguer la partie technique, dans un partenariat gagnant-gagnant. 
Caroline Defaut, directrice de Planète A, nous conseille de prendre contact avec trois agriculteurs du territoire qui souhaitent développer une ferme urbaine dans la ville. Ce sont trois jeunes agriculteurs qui veulent se diversifier et tenter de nouvelles choses. Leur projet consisterait à faire pousser du bambou et élever des moutons.

La journée s'est prolongée avec l'organisation d'une conférence en live sur Facebook (4000 vues) sur la page du Collectif Châlonnais, sur le thème « Agriculture urbaine et agriculture rurale : quel avenir pour l’agriculture en ville ? ». 

 Lire l'article sur le sujet : Le collectif Châlonnais organisait une conférence sur l'avenir de l'agriculture en ville

  

 

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