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L’agriculture française et la neutralité carbone

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Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a fait une série d'annonces ce lundi 31 janvier pour avancer sur la contribution de l’agriculture à l’objectif de neutralité carbone de la France et de l’Union européenne.

L'agriculture constitue un maillon essentiel dans la stratégie d’atteinte de l’objectif de neutralité carbone de la France à l’horizon 2050. Pour cela, elle s’est dotée d’objectifs de réduction sur les principaux gaz à effet de serre (GES) qu’elle produit. Il s'agit du méthane (CH4) et du protoxyde d'azote (N2O) résultants de la digestion d'aliments par les bovins et ovins, du stockage et de l'épandage des fumiers et engrais chimiques. Il s'agit aussi du CO2 conséquence de certaines pratiques culturales (changements d'affectation des prairies...).  Cette réduction passera par un développement de toutes les pratiques permettant une réduction des émissions de GES directement ou indirectement : Une gestion adaptée du bétail et des effluents associés, une adoption de certaines pratiques culturales (optimisation de la fertilisation azotée, introduction de légumineuses dans les rotations, sélection variétale), une diminution de la consommation d'énergie du secteur (développement des énergies renouvelables, de la bioéconomie en agriculture).    
L'atteinte de ces objectifs nécessite d’accompagner les agriculteurs notamment via des investissements massifs (France Relance et France 2030). En complément, le secteur agricole, aux côtés du secteur forestier, a la capacité de séquestrer du carbone grâce aux puits naturels (prairies, agroforesterie, sols agricoles...). Massifier ce rôle revêt un enjeu majeur pour atteindre les objectifs nationaux et européens.

Les annonces du ministre

Le Label Bas-Carbone*, lancé en 2018 par le Gouvernement, permet de certifier des projets de réduction d’émissions de GES et de séquestration carbone dans tous les secteurs dont l'agriculture. Des acteurs permettent désormais l’accompagnement de projets agricoles collectifs qui amènent à l’agrégation des crédits carbone. Ces structures (c'est notamment le cas de France Carbon Agri Association - FCAA) apportent aux porteurs de projet une expertise technique, appuient la labellisation et pilotent la commercialisation des crédits carbone pour in fine rémunérer les agriculteurs dans le cadre du Label. 

Lors d’une table-ronde, Julien Denormandie, a invité les acteurs publics et privés déjà engagés dans des stratégies de neutralité carbone, à faire le choix de ces crédits français, issus du monde agricole.

Cette volonté de faire avancer la structuration du marché des crédits carbone générés par les agriculteurs est également portée par le ministre dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE). Lors de la conférence organisée ce 31 janvier par la Commission européenne, sur les cycles du carbone durables, le ministre a défendu l’action entreprise par les agriculteurs français. 

La France, a souhaité faire de l’agriculture bas-carbone le thème du Conseil informel des ministres européens de l’Agriculture, qui se déroulera à Strasbourg les 7 et 8 février prochains.

Julien Denormandie a par ailleurs annoncé que son ministère atteindra la neutralité carbone en 2022. "J’engage dès 2022 mon ministère dans cette voie avec l’achat de 7 000 teqCO2 issues du crédit carbone agricole pour compenser les émissions de 2020". Les actions menées depuis 2013 ont déjà permis de réduire de 34% les émissions. De nombreuses initiatives de transition bas-carbone existent déjà et notamment dans les établissements d’enseignement et de recherche du ministère. Les émissions résiduelles feront l’objet d’une compensation par l’achat de crédits carbone générés par les pratiques durables des agriculteurs. Pour cela, un appel d’offre de l’ordre de 400 000 euros qui sera lancé fin mars. 

*Le Label Bas-Carbone en agriculture : 6 méthodes approuvées
• « Carbon Agri », développée par l’IDELE, vise en premier lieu les exploitations ayant un atelier bovin.
• « Grandes cultures », développée par un consortium autour d’Arvalis, vise les exploitations ayant un atelier grandes cultures, approuvée en août 2021.
• « Plantation de vergers », développée par la Compagnie des Amandes, vise la plantation d'une culture fruitière pérenne (verger) sur une terre non cultivée actuellement pour cet usage.
• « Haies », développée par la Chambre régionale d’agriculture de Pays de la Loire, vise la gestion durable des haies sur toutes les exploitations agricoles.
• « Gestion des intrants », développée par SOBAC, vise la réduction des intrants dans toutes les exploitations.
• « Fermentation entérique des bovins lait », développée par Bleu-Blanc-Cœur, valorise les réductions d’émissions permises par l’ajout d’oméga 3 dans la ration en grande partie par le pâturage.
Trois méthodes forestières sont également validées.

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