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Les "Jardins de la Victoire" initiés lors de la Première Guerre mondiale

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Les "Victory gardens", appelés également "Jardins de guerre" ou "Potagers pour la défense" étaient, aux Etats-Unis, au Canada et Royaume-Uni, des potagers cultivés dans des parcs publics et des résidences privées pendant les deux Guerres mondiales. Rappel historique en ce 11 novembre. 

En mars 1917, le millionnaire Charles Lathrop Pack organisa aux États-Unis la « Commission nationale du jardin de guerre » (National War Garden Commission) et lança la campagne des jardins de guerre juste avant l'entrée de son pays dans la Premère Guerre mondiale. La campagne poussait à la mise en culture de terres disponibles, privées ou publiques, et autorisait la création de plus de cinq millions de jardins potagers dans les villes américaines. Charles Lathrop Pack inventa cette campagne au regard d'une Europe où la production alimentaire avait fortement diminué, la main d'œuvre agricole ayant été mobilisée dans les armées et beaucoup de fermes dévastées par le conflit. Son idée était que les fournitures alimentaires pourraient être grandement augmentées sans faire appel à des terres ou de la main-d'œuvre déjà occupées par l'agriculture, et sans recourir de façon significative aux moyens de transport nécessaires à l'effort de ce conflit.
Après le conflit, les jardins communautaires ou familiaux sont réapparus au début du New Deal et furent alors élevés au rang de stratégie de subsistance pour les chômeurs. A  l'entrée des États-Unis dans la seconde Guerre mondiale, les « Jardins de la victoire » furent le dispositif central de la campagne nationale « Food Fights for Freedom ». D'après le Ministère de l'agriculture des Etats-Unis, plus de 20 millions de jardins de la victoire ont été cultivés, qui ont produit jusqu'à 40 % de l'ensemble des productions végétales consommées au niveau national pendant le conflit. Des jardins de la victoire ont été cultivés dans les arrière-cours des maisons ou sur le toit d'immeubles, dans le parc de la Maison Blanche, sans oublier des terrains vagues réquisionnés pour être transformés en champ de maïs ou en carré de courges.

Le jardin de la victoire Fenway, dans le parc des Back Bay Bens à Boston (Massachusetts) et le jardin communautaire Dowling à Minneapolis (Minesota), encore en activité, sont les derniers exemples publics survivants depuis la Seconde Guerre mondiale. Si en Europe, le renouveau des jardins partagés n'est pas associé à l'image des "Jardins de la Victoire", aux Etats-Unis l'image reste très prégnante.

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