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Une toiture végétalisée hydroactive pour récupérer les eaux pluviales

SAVE_20210712_193339 Station expérimental du Prieuré Vegetal, Ivry-sur-Seine (Agri-City)

La visite d’un site de toitures végétalisées était organisée par l’Agence Parisienne du Climat, le 7 juillet 2021, à Ivry-sur-Seine sur les toits d’Eau de Paris. Une occasion de découvrir le système Oasis développé par Le Prieuré Vegetal i.D. et expérimenté sur place.

Le système Oasis présenté par Jean-Christophe Grimard, directeur recherche et développement de la société, combine végétalisation des toitures et régulation des eaux de pluie. Il permet de collecter, stocker, irriguer et réguler les eaux pluviales. Composé de bacs de rétention d’eau et de bacs pré-cultivés, le système est entièrement modulable. Le Prieuré, installé depuis 2006 sur les toits d’Eau de Paris, à Ivry-sur-Seine a mené, en partenariat avec l’INSA de Lyon, l’expérimentation de ce système pendant 2 ans.*

« La validation du système a été menée à la suite de l’appel à projets Végétalisation Innovante lancé par Paris&Co ».

Des toitures adaptées aux nouvelles exigences du PLU

En milieu urbain, l’imperméabilisation des sols limite le retour naturel des eaux de pluie. En cas de fortes précipitations, les eaux de pluie vont engorger les stations d’épuration et contraindre à des lâchers d’eau en milieu naturel. Afin de limiter ces "déversements directs par temps de pluie", autorisés 20 fois dans l’année, les collectivités encouragent l’installation de systèmes de rétention d’eau. "Sur un projet neuf, comme ancien, une subvention peut être demandée [...], tant que celle-ci améliore le projet existant" précise Jean-Christophe Grimard.

Un modèle deux en un : couverture végétale et rétention d’eau

Le système Oasis se compose d’un ensemble de bacs modulaires en plastiques recyclés, posé sur la toiture et surmonté d’un couvert végétal. Les bacs pré-cultivés HYDROPACK comprennent 4 couches : le drainage, le filtre, le substrat et le végétale. Ces strates permettent de reconstituer un milieu artificiel, milieu artificiel propice au développement de la flore sélectionnée. La rétention en eau et le drainage sont assurés par le substrat, un mélange de matières minérales et organiques.

« Les modules isolent la membrane de l’eau stockée, des UV et des impacts, préservant ainsi sa durabilité ».

Afin de s’adapter aux demandes des commanditaires, le Prieuré propose différents couverts végétaux comprenant sédum, aromatique, vivace, graminée, arbustes et même arbres. Le choix du couvert influera sur :  "la hauteur du substrat à mettre en œuvre et par conséquent sur le poids que devra supporter la structure du bâtiment : de 64 kilos à près de deux tonnes par m2 sur des projets de toitures paysagères", mentionne Jean-Christophe Grimard. L’introduction de biotopes stratifiés est également envisageable  :  tas de bois, arbres morts, pierriers, sable, graviers, mares…

Les bacs de rétention Hydrostock sont posés à même la surface d’étanchéité. Ils sont étanches et reliés par des connecteurs sur lesquels viennent s’emboiter les bacs. Ce réseau de bacs porte la capacité de rétention en eau du système à 95L/m2. L’eau accumulée au fil des précipitations remonte par capillarité vers le substrat et la végétation grâce à des mèches en microfibres. En cas d’excédent, un régulateur à microdébit ajustable (de 1 à 10 l/s/ha) disposé au fond du bac évacue l’eau vers les descentes pluviales.

Un système entièrement modulable

Le système Oasis peut s’adapter à un grand nombre de bâtiments et à des structures très variées. Les connecteurs permettent de choisir l’orientation des modules et leurs inclinaisons (jusqu’à 10 % de pente). Des plaques perforées, une fois posées sur les bacs de rétention facilitent la conception de tous types d’aménagement  : complexe de végétation, platelages bois ou composite, dalles sur plots, gravillons, rails et panneaux photovoltaïques, carrés potagers, jardinières et autres mobiliers (bancs…), garde-corps, éléments techniques (gaines, VMC…) temporaires ou définitifs.

Le coût d’installation d’un mètre carré de toiture varie de 90 € à 120 € du mètre carré. Il faut également prendre en compte le cout de l’entretien, « entretien toujours nécessaire » comme le rappel Jean-Christophe Grimard. Autre atout de ce système : l’amélioration du confort thermique. L’eau de pluie accumulée est évaporée par les plantes et le substrat. "Cette évapotranspiration favorise le rafraîchissement naturel du bâtiment et lutte contre les îlots de chaleur en milieu urbain".

Le Prieuré Vegetal i. D. spécialiste de la toiture végétale
Présent en France et à l’international depuis plus de 20 ans, Le Prieuré Vegetal i. D. spécialiste de la toiture végétale, conçoit, produit et intègre en milieu urbain et périurbain des solutions végétales innovantes". Lancée en France en 1989, la société commence par la production de couverts végétaux (gazons, sédum). Par la suite, le Prieuré forme ses propres équipes de poses et développe un système de végétalisation complet  : drainage, substrat et végétation.Aujourd’hui, la société conçoit ses propres systèmes et s’internationalise avec l’ouverture filiale aux USA : Vegetal i.D. Inc. en 2011.
À Paris, ils ont notamment participé à la conception de la toiture maraichère de l’Opéra Bastille (conjointement avec Topager). Bien implanté dans leur secteur, Jean-Christophe Grimard estime que « le Prieuré, Sopranature et Ecovegetale se partagent 80 % des installations de toitures végétalisées ».

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