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Le Salon de l'agriculture, à défaut d'ouvrir ses portes, s'invite sur les écrans

NOUS_PAYSANS4-794X485 « Nous paysans » © Guy Perrichon - Editions Les Arènes

Faute d'ouvrir ses portes, pour de bon, le Salon international de l'agriculture, pour son édition 2021 sera présent sur les écrans, avec un documentaire « Nous paysans », démarrage d'une série consacrée à l’agriculture. Ce sera le 23 février, sur France 2.

France 2, en partenariat avec France Bleu  proposer ce 23 février une thématique agriculture en « prime time ». Dès 21 h 05 sera diffusé le documentaire inédit « Nous paysans », avec la voix de Guillaume Canet. Puis, un débat et deux autres documentaires suivront. L’occasion de créer du lien entre la monde paysan et les citoyens.

L'histoire de nos campagnes 

« Des paysans d’il y a un siècle aux agriculteurs d’aujourd’hui, leur histoire, c’est aussi celle de nos campagnes », dit la bande annonce du film de Fabien Bézat et Agnès Poirier, auquel l’acteur Guillaume Canet a prêté sa voix. « On était pauvres mais pas miséreux, » témoigne André Pochon. Aujourd’hui, le défi reste le même : nourrir la population. Mais le monde a changé. 80% de la population vit en ville. Penser à l’avenir, c’est se demander « qu’est-ce qu’on fait ensemble ? » insiste un paysans. Ce sera sans doute une des questions du débat qui suivra la diffusion du documentaire, à 22 h 40, animé par Julian Bugier.

Soirée agricole et rurale

La soirée se prolongera ensuite par deux autres documentaires. « L’installation », programmé à 23 h 35, présente deux citadines qui ont décidé de changer de vie en se lançant dans l’élevage. puis, « La nouvelle Clé des champs », programmé à 0 h 40, propose un voyage en Puisaye, au nord de la Bourgogne, dans l’Yonne, à 170 km de Paris. L’occasion de découvrir une nouvelle image de la ruralité, où l’agriculture n’est plus la principale activité.

"Nous paysans" : le film qui raconte la transformation agricole

À la fin du XIXe siècle, les paysans représentaient plus de 70 % de la population dans une France qui était encore pour l’essentiel une civilisation rurale et agricole, une mosaïque de traditions et de pratiques, de langues et de patois. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 3 %.
Ce que les siècles avaient longuement façonné, un peu plus de cent années de guerres, de crises politiques, de bouleversements sociaux, culturels et technologiques l’ont transformé de façon parfois violente, faisant accéder les campagnes et les « agriculteurs » à la modernité, mais reléguant les « paysans » dans l’oubli. C’est tout l’enjeu de la somme documentaire de Fabien Béziat et Agnès Poirier : remettre en lumière ce monde qui est bien le nôtre – « plus des deux tiers d’entre nous ont un ancêtre paysan » – et, à travers des archives et des témoignages, le faire avec les mots des paysans eux-mêmes, de leur point de vue.

De 1900 à la Libération, les campagnes françaises – qui semblaient jusqu’alors vivre une vie immuable – sortent profondément meurtries et affaiblies de la première moitié du XXe siècle : saignées et dévastées par la Première Guerre mondiale (cinq millions de soldats, un million qui n'en reviendra pas) ; vidées de leurs bras par l’industrialisation des années 30, qui attire en ville ceux qui espèrent une vie meilleure ; éprouvées par la crise économique ; flattées mais pillées par le régime de Vichy. Le second demi-siècle sera celui de la reconstruction : tandis que les jeunes générations paysannes, emmenées par la Jeunesse agricole catholique, aspirent à s’émanciper d’un univers social obsolète et étouffant, il faut nourrir les Français et redonner au pays son autonomie alimentaire, donc intensifier la production. Après la motorisation des campagnes, ce sera la révolution agricole lancée en 1962 par le ministre de l’Agriculture Edgard Pisani, les remembrements à marche forcée, la Politique agricole commune de la Communauté européenne, l’arrivée du soja américain destiné à nourrir le bétail et celle des engrais bon marché, qui ouvrent la voie à une agriculture industrielle.

Les paysans ont été les premières victimes de leur succès : surproduction et endettement. Dès le milieu des années 70, la pilule est amère et le désenchantement gagne les campagnes. Il faudra pourtant aller plus loin encore avec la révolution de la chimie. De nouvelles céréales sélectionnées pour leurs rendements supérieurs, mais fragiles, nécessitent l’utilisation à outrance de produits chimiques, baptisés pudiquement « produits phytosanitaires » : fongicides, insecticides et enfin pesticides. Avec les conséquences que l’on connaît désormais : agriculteurs malades, sols exsangues, faune sauvage en voie d’extinction, modèle productiviste qui pousse à la ruine et au suicide.

À la fois mis en accusation et sommés de se convertir en gardiens de la terre, les paysans d’aujourd’hui et surtout de demain font face à de nouveaux défis : nourrir la population tout en inventant une agriculture plus soucieuse de l’environnement et en se préparant à affronter une crise climatique. Mais avec quels moyens ? Et, d’abord, avec quels moyens humains ? « Pour dix qui partent, il y en a deux qui s’installent. » Une population plus nombreuse mais des campagnes désertes et parfois à l’abandon, confrontées à un effondrement démographique vertigineux. Elle est sans doute là, la plus grande transformation sociale depuis l’invention de l’agriculture.

  

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